Les psys contre le gender

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L’idéologie du gender voudrait éliminer la différence entre masculin et féminin, accusée de favoriser la domination sur les femmes. Face à cela, de plus en plus de psychanalystes sonnent le tocsin : on ne joue pas impunément avec la différence des sexes.

Au début, conformément aux théories à la mode, il pensait que « les filles étaient des filles parce qu’on leur offrait des poupées, et les garçons des garçons à cause de leurs panoplies de mousquetaires ». Puis il est devenu père, et après deux filles, il a eu un garçon. Surpris par les différences profondes et très précoces entre les deux, il a changé son fusil d’épaule. Jean-Paul Mialet est psychiatre et neuropsychologue, et c’est parce qu’il est aussi un « professionnel de la souffrance morale » qu’il a écrit Sex aequo (Albin Michel), un vigoureux essai pour défendre la différence des sexes.

Comme nombre de psys, il observe dans son cabinet (trente ans de métier, une vingtaine de milliers de patients) les ravages du grand quiproquo des dernières décennies : « Les sexes se croient identiques et ils ne le sont pas, dit-il. Faute de comprendre leurs différences, ils ont du mal à s’entendre et ils oublient l’importance du lien. Parmi les forces qui poussent à s’unir, il y a l’appétit sexuel, mais aussi l’appétit affectif. Le désir sexuel, tout le monde l’a en tête, en plus, ça se vend. Le lien, ça ne se vend pas, mais c’est sa disparition qui vient remplir mon cabinet », confie-t-il.

Car les grandes promesses du sexe sans contrainte et de l’autosuffisance ont des lendemains qui déchantent. On s’aperçoit qu’hommes et femmes ont besoin l’un de l’autre, et qu’ils ont besoin d’écrire une histoire ensemble. « Du point de vue du lien, poursuit-il, on peut difficilement remplacer un « œpartenaire », comme disent les magazines, par un autre. Qu’on en ait conscience ou non, le lien se nourrit, s’enrichit avec le temps. Un lien qui casse engendre toujours de la souffrance, malgré tout ce qu’on peut lire dans les magazines : « œles familles recomposées, c’est super ! « , « œChanger de partenaire », « œêtes-vous vraiment hétéro ? « … L’époque nous engage à traquer nos moindres désirs en nous disant que sinon, on va passer à côté de soi-même. Alors qu’on existe d’abord par le lien avec l’autre. » À force de penser le sexe sans l’altérité, la complémentarité perd son sens et sa raison d’être, le lien amoureux et le lien social disparaissent au profit de ce que les psychanalystes Tony Anatrella et Jean-Pierre Winter appellent une « économie narcissique autosuffisante ».

Même constat chez l’écrivain et psychanalyste Michel Schneider qui a publié, en 2007, La Confusion des sexes (Café Voltaire/Flammarion). Il y dénonce vigoureusement le « narcissisme de masse égalitaire et individualisé » où les individus se vivent comme des semblables en quête de fusion, et pas comme des êtres différents qui entrent en relation.

La vogue du style androgyne

Plus ou moins consciemment, l’indifférenciation sexuelle se retrouve aussi dans les codes vestimentaires : « le pantalon de mariée » qui fait son entrée dans les collections 2012, le style androgyne chez les adolescents, les cosmétiques et l’épilation pour les hommes, le look « métrosexuel », qui fait ressembler le mâle urbain hétérosexuel à son camarade homosexuel. Dès lors, quand Jean-Paul Mialet entend : « On est les mêmes, c’est la société qui nous identifie sexuellement », il crie à l’obscurantisme ! Et il n’est pas le seul, si l’on en croit l’accueil chaleureux qu’il a reçu au dernier Congrès français de psychiatrie (en novembre 2010). Là, présentant un exposé sur le sexe et le genre, il a renvoyé dos à dos les naturalistes, qui réduisent le masculin et le féminin aux seuls organes génitaux, et les culturalistes qui nient les différences biologiques.

« Cette tendance à considérer le sexe mâle et le sexe femelle comme de simples produits de la nature revient à animaliser l’humain, à le réduire aux gonades, aux chromosomes et aux hormones… » Bref, l’homme et la femme ne sont pas juste les esclaves de leur machine anatomique.

« On a tendance à séparer le corps, dont on s’accorde à reconnaître qu’il a un sexe, et l’esprit. Mais l’esprit est sexué comme le corps, et la personne humaine se construit à l’intérieur d’un corps. Hommes et femmes ont au fond d’eux un monde implicite qui n’est pas le même. Ce ressenti du corps participe au formatage de la conscience. Sur ce socle de différences, l’enfant développera par la suite un appétit conscient de se rapprocher du camp auquel il appartient. On veut devenir comme Maman ou comme Papa. Certes, asseoir la différence hommes/femmes uniquement sur la nature a conduit à faire de l’homme l’être fort et le dominant social : un excès que dénonçait à juste titre Élisabeth Badinter dans Le Conflit, la femme et la mère, en 2010. Mais d’un autre côté, en séparant artificiellement la femme de sa capacité à la maternité, cette philosophe a commis l’excès inverse. »

Ultime étape : le gender, où l’on abolit les différentes naturelles : « Au départ, on lutte pour montrer que le genre correspond à une attribution sociale, sans pour autant contester qu’il existe des différences entre les sexes. Puis, on arrive à l’idée quasi délirante que le masculin et le féminin sont un pur produit de la société et que le sexe n’existe pas ».

Le débat a au moins le mérite de réinterroger cette différence des sexes dont on s’est longtemps contenté de penser qu’elle allait de soi. Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Pourquoi cette incapacité à penser la différence autrement qu’en terme d’inégalité ?

Ne pas dissocier l’esprit du corps

Bien sûr, le chromosome Y n’a pas le gène de la voiture et le chromosome X, celui des tâches ménagères. Et si on a tendance à distribuer les rôles de façon trop simpliste entre les hommes qui viennent de Mars et les femmes de Vénus, c’est parce que la différence des sexes reste en partie impensée.

Qu’est-ce que le sexe ? Le psychiatre Jean-Paul Mialet distingue très concrètement l’organe sexuel, une notion plus abstraite comme la sexualité (les comportements et le désir sexuels), et enfin une notion totalement abstraite comme le genre sexuel, masculin ou féminin, qui concerne cette fois l’esprit et non plus le corps. Ainsi par exemple, « le garçon, avec son sexe apparent, un membre palpable comme un instrument, s’oriente tout de suite vers quelque chose de l’ordre de la pratique, du pouvoir, de la relation de cause à effet. La fille, avec un sexe en creux, un habitacle futur, un corps qui va procréer, ne peut être dissociée de la maternité dont elle vit l’expérience à travers sa mère. C’est une évidence naturelle, sauf si on fait tous les enfants dans une éprouvette, sombrant alors dans le cauchemar du meilleur des mondes… », conclut Jean-Paul Mialet.

Apprendre à assumer la différence

Professeur de psychopathologie clinique à l’Université Paris-Descartes, qui vient de publier L’Amour de la différence (éd. Puf), la psychanalyste Catherine Chabert constate que par-delà cette question de la différence des sexes, il y a un infléchissement général vers l’indifférenciation : « Tout le monde veut être pareil, car tout le monde veut ressembler aux modèles idéaux qui prédominent aujourd’hui : beau, mince, riche, intelligent… On voudrait tous avoir la même chose et cela instaure une sorte de concurrence entre « œmêmes ». C’est insupportable que l’autre ait ce que je n’ai pas. Au nom de l’égalité, la société ne favorise pas beaucoup la différenciation. Mais l’égalité n’a rien à voir avec le fait d’être identique. Au contraire, l’égalité signifie qu’on a le droit d’exister même si on est différent. Il est très important que les différences fondamentales entre les hommes et les femmes, comme entre les pères et les mères, soient marquées. La différence permet de chercher ailleurs ce que l’un n’a pas donné mais qu’un autre peut offrir, elle admet l’écart et la déception, elle combat les excès délétères de l’idéalisation. Bien sûr il faut s’aimer soi-même, mais trop de narcissisme étouffe le lien avec l’autre ».

Connue pour sa lecture psychanalytique de la Bible, Marie Balmary défend elle aussi la différence des sexes. Dans La Divine Origine (Grasset/Livre de poche), elle revient à la lettre biblique de la Genèse pour montrer en quoi la dissymétrie des sexes, l’inexpérience et l’inconnaissance radicales qu’il y a entre eux, constitue un interdit fondateur, qui nous garde d’absorber l’autre (comme le fruit de l’arbre de la connaissance) mais appelle à une alliance.

Elle distingue la mauvaise connaissance, cette absorption de l’autre qui disparaît en moi et me laisse à ma solitude, et la bonne connaissance, qui comprend que l’autre est autre et qu’il faut aller vers lui, l’écouter, lui parler. En ligne de mire, la question de l’engendrement : pourquoi y a-t-il deux sexes, pourquoi y a-t-il du masculin et du féminin ? S’il faut la rencontre de deux sexes différents pour que la génération soit possible, elle y voit symboliquement le premier lieu de la relation humaine.

Dans la polémique actuelle autour du gender, les psys sont formels : c’est en apprenant à assumer la différence homme/femme qu’on sortira de la lutte des sexes.

MAINTENANT, AUX PARENTS DE JOUER !

Bernard Debré, avec quatre-vingts de ses collègues parlementaires, demande au ministre de l’Éducation nationale de retirer les manuels de biologie de première. Parce qu’il est médecin et épris d’exigence scientifique. Entretien choc avec un député en colère.

Pourquoi avoir signé cette pétition qui met en cause la majorité à laquelle vous appartenez ?

Un député doit-il se taire, ou au contraire, affirmer les valeurs auxquelles il croit ? Je ne suis pas élu pour rien ! Pour moi, ce qui se passe avec ces manuels est une dérive, et relève du révisionnisme.

On ne construit pas une nation en cassant ses bases. Aujourd’hui, en 2011, nous sommes enfants de l’Empire, de la royauté, de Jeanne d’Arc, des Huns, de Clovis… On peut ne pas aimer Napoléon, mais malgré tout, il EST. Il fait partie de nos racines ! Il y a eu des moments glorieux, d’autres dramatiques, cela fait partie de notre nation. L’humanité aussi vit des hauts et des bas mais toujours avec la même base, le même fondement : l’homme et la femme.

Est-ce le médecin ou le politique qui parle ?

En plus d’être député, je suis membre du Comité consultatif national d’éthique. Je suis aussi mé-decin et chirurgien. En chirurgie, on opère les organes. Ils sont différents chez l’homme et chez la femme, c’est incontestable ! Dans le génotype, la femme a deux chromosomes X, l’homme, lui, a un chromosome X et un chromosome Y. Cela entraîne des modifications anatomiques, physiologiques et psychologiques considérables. Ces caractéristiques inscrites dans les gènes sont immuables. De la punaise des bois à l’éléphant, cette même dualité existe partout.

Vraiment ?

Lorsque l’on opère un cancer de la prostate, on effectue une castration chimique qui entraîne des modifications importantes de l’aspect physique et du ressenti du patient. Quand la libido disparaît, le patient rencontre des difficultés existentielles : il a l’impression de ne plus être un homme ! On ne peut pas faire l’impasse sur cette réalité.

Nier la dualité sexuelle est une stupidité. C’est en particulier dangereux pour les adolescents. À 16-17 ans, à la fin de leur puberté, quand ils deviennent pleinement homme et femme, ce n’est pas le moment de leur dire n’importe quoi. Et certains manuels osent affirmer : « Tout cela n’existe pas, c’est l’environnement qui va vous former homme ou femme ».

Votre combat est-il de droite ou de gauche ?

Vous savez, la vraie ligne de clivage, c’est le courage ! À droite comme à gauche, une masse importante d’élus n’osent pas prendre position. Certains ont dit : « Vous êtes contre le gender donc vous êtes homophobes ! » Cela a découragé les députés hésitants.

Aujourd’hui, certains collègues me félicitent pour mon courage, mais je ne fais que mon devoir. Le courage n’est pas la vertu la plus partagée chez les élus, ou alors, elle est tellement bien partagée qu’il n’en reste plus beaucoup par personne !

Parler du gender à l’école, ça ne sert à rien ?

Non, absolument à rien. Certaines personnes, des pseudo-philosophes, ne veulent plus réfléchir aux grands défis actuels comme la mondialisation ou la guerre économique. Voilà des sujets urgents ! Pensez-vous vraiment que le gender va préoccuper le paysan de la Beauce en concurrence quotidienne avec les paysans de l’Ukraine ? ! C’est une fausse théorie montée en épingle par les médias. Ces idées surgissent dans les basses époques. Nous vivons une basse époque.

C’était mieux avant ?

Je refuse le schéma qui oppose d’un côté le progrès et de l’autre l’obscurantisme. La modernité n’est pas de suivre l’air du temps sans le passer au tamis des valeurs, du jugement et de la réalité. Pour moi, les valeurs fondamentales sont au service de l’homme.

Et si votre mobilisation pour retirer les manuels scolaires n’aboutissait pas ?

Nous avons d’abord la nécessité de réagir, d’entraîner derrière nous, mais pas l’obligation de réussir. Je m’en donne les moyens, je dis ce que je pense sans m’occuper d’électoralisme, et j’appelle tous les gens de bonne volonté à me suivre. En France, il n’y a pas que des élus à l’Assemblée nationale : il y a certes 577 députés, mais il y a aussi plus de 60 millions de Français !

Vous pensez aux parents d’élèves ?

Tout à fait. J’en appelle aux parents. Cela fait pleinement partie de leur rôle. Je souhaite qu’ils s’en mêlent et qu’ils disent aux enseignants : « Nous vous confions l’éducation de nos enfants, nous ne pouvons pas accepter que des manuels nient la réalité ». Où sont les parents ? Je suis sûr qu’ils nous soutiennent.

Ce que disent les manuels

La principale difficulté que l’on trouve dans les manuels de première en Sciences de la vie et de la terre (SVT) est le glissement injustifié d’un discours à peu près rationnel à un discours d’opinion. Voici deux exemples.

Le manuel Hachette énonce : « L’identité sexuelle se définit comme un ensemble de comportements, d’attitudes, de symboli-sations et de significations qui s’élaborent au cours du dévelop-pement psychosexuel. Elle est un long processus d’imitation, d’éducation et d’apprentissage, et se modèle à partir des représentations que l’enfant intériorise sur la façon dont il doit penser et se comporter comme être sexué. Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. » Pourquoi ? Comment ? Sur quelle base scientifique ? Rien n’en est dit.

Voici aussi le genre de présentation que l’on trouve dans le Bordas. En commentaire d’un tableau de Gauguin, on évoque les Mahus et les Faafines des îles Tonga, en Polynésie. Ils sont définis en ces termes : « Un Mahu, c’est-à-dire un individu qui, selon la tradition, n’est considéré ni comme un homme ni comme une femme. Mahus et Faafines peuvent avoir une vie sexuelle et être en couple avec un homme ou une femme sans être considérés comme homosexuels, car ils constituent un véritable troisième genre ».

Bigre. Là encore, cette affirmation pour le moins surprenante est posée tranquillement comme une évidence, sans distance critique ni début d’explication.Deux exemples, parmi d’autres, du passage d’un discours scientifique à un discours normatif.

Le pape François a estimé que la théorie du genre était une «colonisation idéologique». Pour Gérard Leclerc, la gauche s’est trompée en croyant que l’évêque de Rome obéissait aux canons du progressisme.

progressistes

Source : Famille Chrétienne

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Auteur : Lou Roumegaire

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