Ce que l’on sait de Khamzat Azimov, le terroriste musulman tchétchène qui a frappé à l’Opéra

This undated handout photo obtained on May 13

De la Tchétchénie où il est né en 1997 à l’attaque de Paris, portrait de Khamzat Azimov, l’assaillant français présumé, abattu par les policiers juste après l’attaque

Visage juvénile sous une barbe noire, il était né en Tchétchénie avant de venir en France avec sa famille: Khamzat Azimov, 20 ans, l’auteur de l’attaque au couteau à Paris, était sur les radars des renseignements mais son parcours de radicalisation reste flou.

Il a entamé sa trajectoire meurtrière vers 20 h 40, attaquant des passants au hasard dans le quartier de l’Opéra, animé en ce samedi soir. En moins de 20 minutes, il a tué un homme de 29 ans et blessé quatre autres personnes avant d’être abattu par la police. L’attaque a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI).

« Il avait une barbe pas très longue, était habillé normalement. Il ne correspondait pas au stéréotype » du jihadiste, a raconté à l’AFP Romain, un témoin qui l’a entendu dire « Allah Akbar, deux fois, tout doucement » au milieu de la panique ambiante.  « Je le voyais avec un couteau dans la main, les mains pleines de sang, il frappait sur les commerces » dans la rue, a relaté Jonathan, serveur dans un restaurant coréen du quartier: « Il avait l’air fou ».

Il a grandi à Strasbourg

Né en novembre 1997, il a fui avec sa famille la Tchétchénie, une république musulmane russe du Caucase, théâtre de deux guerres dans les années 1990 et 2000. Réfugié en France, il a grandi à Strasbourg où, dimanche, un ami né comme lui en 1997 a été arrêté et placé en garde à vue.

A Strasbourg, une ancienne camarade de classe rencontrée par l’AFP a évoqué un lycéen « vraiment discret », qui « ne parlait vraiment pas beaucoup », un « élève normal, pas excellent mais pas mauvais non plus ».

« Khamzat était assez calme, il était dans son coin, il n’avait pas de problème », s’est rappelé un autre ancien lycéen, qui a précisé que lui et le jeune homme interpellé dimanche étaient dans la même classe de terminale en 2016. Ils étaient de « très bons amis », « tout le temps ensemble », a-t-il dit.  Contrairement à Khamzat Azimov, son ami « avait un comportement particulier. Il était en contact avec la Syrie, il voulait partir. Mais après le bac, il était sorti de tout ça, il voulait faire sa vie », a-t-il raconté. 

Fiché S en 2016

En 2016, le jeune homme de 19 ans apparaît dans les radars des services antiterroristes en raison de ses liens avec un groupe de jeunes souhaitant gagner la Syrie, dont un autre Tchétchène. Durant l’été, il est fiché « S » (pour « sûreté de l’Etat ») et inscrit au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste. Dans le groupe qu’il fréquente, il y a deux Tchétchènes suivis par la DGSI. 

Après l’attaque, l’agence de presse de Daesh, Amaq, l’a qualifié de « soldat de l’Etat islamique » et a assuré que son « opération [avait] été menée en représailles envers les Etats de la coalition » internationale antijihadiste en Irak et en Syrie.

Entendu il y a un an par la brigade criminelle

« Il n’avait pas d’antécédent judiciaire », a déclaré à l’Agence France-Presse une source judiciaire. Le jeune homme avait été « entendu il y a un an par la section antiterroriste de la brigade criminelle, car il connaissait un homme lui-même en lien avec quelqu’un parti en Syrie », a rapporté une source proche de l’enquête. Peu avant son passage à l’acte, le jeune homme avait rejoint le domicile parental, à Paris, où ses parents se seraient réinstallés ensemble.

Khamzat Azimov a été naturalisé français en 2010, adolescent, en même temps que sa mère. Il vivait depuis quelque temps à Paris avec sa soeur de 7 ans et ses parents, qui ont été interpellés et placés en garde à vue dimanche matin. Leur domicile, un hôtel meublé dans l’un des secteurs les plus modestes du XVIIIe arrondissement, a été perquisitionné à l’aube, sans résultat concluant.

L’une des gérantes de l’établissement a décrit une famille « vraiment discrète », qui « n’était pas dans l’ostentation au niveau religion », avec un fils qui « disait qu’il était étudiant ».  « Cela fait un peu plus d’un an qu’ils vivaient là », a estimé Reda, 42 ans, client de l’hôtel. « Le papa travaillait des fois, plutôt dans le bâtiment, la peinture. La maman travaillait dans une association de sans-abris ».  Pour une voisine, c’était une « famille sans problème » qui « ne recevait jamais personne ». Selon elle, le jeune homme n’était « pas un caïd, mais quelqu’un de réservé ».

Source : Sudouest.fr avec AFP

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s