Les dérives de Vatican II

Portrait of a Devil. For halloween

Le pape Jean XXIII, élu en 1958, décida de convoquer un nouveau concile moins d’un siècle après le premier concile écuménique de Vatican qui se tint du 8 décembre 1869 au 20 octobre 1870. Le concile Vatican II fut complètement différent de tous les précédents. Les Conciles de jadis se terminaient par une série de “canons” qui en résumaient la portée. Les Pères du Concile Vatican II refusèrent d’agir ainsi, livrant au peuple de Dieu un texte long et difficile à comprendre.

Beaucoup d’anciens ont très mal vécu ces changement brutaux, ils avaient l’impression qu’on avait changé LEUR église, certains ont répondu par l’apostasie silencieuse. Voici les documents conciliaires rédigés :

4 Constitutions

3 Déclarations

Et 9 Décrets

Donc les pères conciliaires ont ‘pondu’ tous ces documents entre 1962 et 1965. Bien que révolutionnaires, ces idées étaient déjà en débat parmi les membres du clergé moderniste depuis le XIXème siècle, tout ça n’est pas sorti de nulle part. Beaucoup de ces nouvelles idées avaient déjà été condamnées par des papes du XIXème et XXème, par exemple l’encyclique Pascendi Dominici Gregis du Pape Pie X publiée en 1907 : http://w2.vatican.va/content/pius-x/fr/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_19070908_pascendi-dominici-gregis.html

Dans les années 1970 j’ai passé 9 mois dans un couvent parisien comme postulant, n’y trouvant pas ce que je recherchais j’ai décidé de quitter cette voie. Je ne regrette pas ce retour à la vie laïque vu l’état de l’Eglise Catholique actuelle. Je ne suis pas devenu un saint, mais il est fort probable que je ne le serais pas devenu non plus dans la vie religieuse. Je suis père de deux filles et grand-père de deux garçons et j’en suis fier.

Si j’avais persisté dans la vie religieuse j’aurais dû m’imprégner de tous ces documents de Vatican II, dans le civil je n’ai pas eu la patience de les lire. Je les ai mis en ligne pour ceux qui voudraient approfondir les textes ou en vérifier certains points précis.

Imaginons que les apôtres et les premiers chrétiens aient fait des efforts pour s’adapter au monde romain. Ils auraient toléré l’esclavage, les combats de gladiateurs, ils auraient encensé les dieux romains et la statue de l’empereur. Il n’y aurait jamais eu de persécution, ces chrétiens très (écuménistes) auraient été très bien acceptés. Ce n’est pourtant pas la voie qu’ils ont choisie, au péril de leur vie.

Le clergé moderniste des années 1960 pensait au monde communiste, qui menaçait alors de s’étendre au monde entier. Ils ont fait énormément d’efforts pour se rapprocher des idées communistes et socialistes en pensant les convertir car ils voulaient faire un ‘remake’ de ce qui s’était passé avec les barbares germains du 5ème au 10ème siècle. Dans les séminaires des années 1970 on étudiait Marx et Freud, plus du tout la Scolastique de St-Thomas d’Aquin, ni les philosophes Platon et Aristote.

Ces prélats modernistes ont hélas ‘pédalé dans le vide’, car le communisme est en chute libre, le socialisme ne va pas bien non plus. Toutes ces transformations pour rien. Vont-ils faire un nouveau concile pour s’adapter aux nouveaux barbares ? Je pense aux nationalistes et populistes qui montent doucement mais surement en puissance.

Je ne vais pas faire une analyse exhaustive, j’en serais d’ailleurs incapable. Je vais juste mentionner des points que m’ont interpellé. Par exemple le (nouveau) diaconat et la façon d’imaginer la liturgie primitive.

Nous trouvons déjà le service du diaconat régulièrement évoqué dans l’ancien testament, la défense et l’aide à la veuve, à l’orphelin (Isaïe 1,17). Les premiers chrétiens étaient principalement des juifs, ils ont donc importé ce service. Il consistait surtout à s’occuper des veuves, des orphelins et de tous les démunis de la communauté. Les diacres ne s’occupaient pas des miséreux de toute la terre comme voudrait le faire l’Eglise aujourd’hui, ils se concentraient sur les leurs. De plus ils n’avaient pas de fonctions liturgiques comme les nouveaux diacres.

Baptiser en cas de danger de mort imminente, annoncer la Bonne Nouvelle, enseigner peut être fait par n’importe quel baptisé qui se sent inspiré. Je ne sais pas à quoi servent les nouveaux diacres, pour célébrer l’eucharistie, pour donner l’absolution il faut un prêtre, à la messe ils ne font que lire l’Evangile et prononcent le renvoi … Et les fonctions d’entraide faites par des baptisés ordinaires sont déjà nombreuses : Secours Catholique, Emmaüs, la conférences de St-Vincent de Paul, l’Ordre de Malte, etc.

L’argument pour la modification de la liturgie fut principalement un retour à l’église primitive. Les modernistes prétendaient que la liturgie traditionnelle avait été introduite par Saint Grégoire au XIème siècle. Ce qui est en partie vrai, car il n’y avait pas que le rite Romain. Il existait aussi le rite mozarabe, le rite ambrosien, le rite dominicain, le rite cartusien, le rite cistercien. D’autres rites avaient déjà disparu avant Vatican II : le rite gallican, le rite parisien, le rite celtique, le rite lyonnais, le rite prémontré, le rite de sarum, le rite carmélite.

Durant les trois premiers siècles les fidèles se réunissaient dans les villas des membres les plus aisés de la communauté ou même dans des caves, des grottes, des catacombes. A cette époque les rites devaient être très inspirés des rites juifs, car les premiers chrétiens étaient majoritairement juifs et ils ont continué à fréquenter le Temple de Jérusalem et les synagogues jusqu’à la destruction du Temple par Titus en 70 après Jésus Christ.

Les modifications des pères conciliaires ne sont sorties que de leur imagination, nous n’avons aucune certitude que la liturgie des premiers chrétiens ait ressemblé à ce qu’ils ont imposé aux fidèles à la suite de Vatican II. Nous ne possédons que peu de documents décrivant la liturgie primitive. Les chrétiens étaient pourchassés et avaient d’autres priorités que de faire de la belle liturgie. Les prêtres devaient se dissimuler dans la foule, pas de tenue particulière. Beaucoup, comme Saint Paul, avaient un métier pour ne pas être à la charge de la communauté (Thessaloniciens 3 :8). Quel contraste avec le clergé médiéval et actuel. Les premières églises n’ont été construites qu’à partir du règne de l’empereur Constantin, lequel a ’embourgeoisé’ l’Eglise en donnant des charges administratives et des revenus aux évêque.

Ce qui m’inquiète le plus c’est de constater l’état de délabrement de l’Eglise actuelle. Jésus nous a promis que son église persisterait jusqu’à la fin du monde, on peut donc raisonnablement espérer qu’un jour il y aura une reprise du feu qui couve encore sous la braise. Pour ce qui concerne le Concile Vatican II, j’applique la recommandation de Jésus : je juge l’arbre par rapport aux fruits produits (Matthieu 7 :15-20). Ne trouvez-vous pas que les fruits produits par l’Eglise actuelle ont très mauvais goût ?

Je garde malgré tout la Foi et l’Espérance, les égarements de certains membres du clergé des XXème et XXIème siècles ne changent pas la véracité de l’Evangile. Nous sommes tous en train de jouer notre Eternité ici et maintenant, toute erreur ou égarement peut causer notre perte éternelle. Que l’Esprit Saint nous donne la Lumière et la Force pour continuer d’avancer sans se cogner à tous les arbres et réverbères qui se trouvent sur le bord de la route.

Et surtout n’empruntons pas la route large et agréable qui conduit au précipice (Matthieu 7 :13-14). Ne suivons pas comme des moutons la plupart de nos contemporains qui cheminent sur la voie large et agréable en riant et chantant, ils risquent de pleurer et de gémir pour toujours après leur mort. Rater sa vie professionnelle, même familiale c’est très dur, mais ici rien n’est éternel, la panade ça dure 20 ans, 50 ans, parfois un peu plus. Mais rater son Eternité ça c’est la vraie catastrophe.

Vous n’avez pas assez souffert sur la terre ? Voulez-vous passer votre éternité à côté de Hitler, Staline, Judas et toute une brochette d’autres sinistres individus et profiter de la compagnie des démons ? Leur présence seule doit être bien pénible, sans parler de la chaleur, des cris, des visions de désolation et de l’odeur nauséabonde qu’il doit y avoir en Enfer. Les choix que vous faites maintenant auront des conséquences éternelles, personne n’échappe à la mort et l’Eternité c’est bien long.

Roland Rabier

 [T1]

Plus de 146.000 morts depuis le 11/09: Die Welt dresse le bilan du terrorisme islamique

11-9

Le journal allemand Die Welt a dressé une liste de plus de 3.000 attentats terroristes islamisques ayant chacun fait plus de 12 morts depuis les attaques du 11 septembre 2001.

Depuis les attaques contre les tours jumelles du World Trade Center à New York survenues le 11 septembre 2001, le terrorisme islamique est devenu un facteur à prendre en compte en politique internationale. Depuis le 11 septembre, au moins 31.221 attaques terroristes ont fait 146.811 victimes à travers le monde, liste le journal allemand Die Welt.

Pour refléter l’ampleur de la violence, le quotidien publie une liste des attentats ayant fait plus de 12 morts chacun, laquelle compte 3.071 cas. Au total, 95.934 personnes, dont la majorité étaient des musulmans, ont péri dans ces attaques perpétrées à Madrid, Londres, Paris, Bruxelles, Barcelone, mais le plus souvent au Proche-Orient, en Asie et en Afrique, constate Die Welt.

La liste entière, écrite en lettres serrées, couvre trois pages de l’édition. En dernière position chronologique se trouvent les attaques du 21 avril au Sri Lanka, dans lesquelles plus de 250 personnes ont trouvé la mort. Entre les attaques du 11 septembre et le carnage au Sri Lanka, toute une multitude d’attentats meurtriers survenus en Afghanistan, en Irak, au Nigeria, en Somalie, en Syrie et dans bien d’autres pays.

La liste dressée par Die Welt s’impose comme une sorte de monument à toutes les victimes du terrorisme et a pour but de rappeler que la valeur de la vie humaine doit être la même dans le monde entier, indépendamment du pays ou de la région.

Source : Sputniknews

Nous cache-t-on quelque chose ?

FRA - NOTRE-DAME EN FEU

La polémique finit par se calmer autour de l’incendie qui a détruit une partie de Notre Dame de Paris. Il n’en demeure pas moins qu’un certain mystère tourne autour de la cause de ce désastre. Comme pour la terrible explosion d’AZF à Toulouse il y a quelques années on se pause des questions. Est-ce vraiment un accident selon la version officielle ou un acte criminel ?

Dans le 2ème cas la popularité du Président de la République serait sérieusement touchée. Or, la thèse de l’accident lui fait gagner trois points dans les sondages. Dans ces conditions le Gouvernement a tout intérêt à en maintenir l’idée dans l’opinion. On peut trouver aussi curieux qu’avant que la moindre enquête soit menée pour en déterminer les causes, les médias aient accrédité l’idée de l’accident. Les versions divergent, mais il a d’abord été question d’un possible court circuit dans l’ascenseur des échafaudages situé au niveau de la flèche, puis d’un feu déclenché par un chalumeau. Pourtant, les réparations se seraient effectuées avec un maximum de précautions. D’autre part, le feu se serait déclaré à 18h50 alors que les ouvriers seraient partis à 17h30. Et selon l’architecte François CHATILLON il y avait des détecteurs de fumée pour prévenir tout départ de feu et l’incendie semble s’être déclaré soudainement.

Par contre, l’option accidentelle semble à présent battre en brèche par le fait que depuis l’incendie, des tentatives pour brûler des grosses poutres de charpente ont été faites sans le moindre résultat pour les faire bruler avec les départs de feu incriminés. Or il s’avère que des poutres de 800 d’âge sont (d’après experts) plus difficiles à enflammer que des bois plus récents. Même si, comme on a pu le constater, ces vieilles poutres se consument ensuite très bien. Il a donc fallu plus qu’un court circuit électrique ou une faute professionnelle pour en arriver là ! Deux départs de feu, avec du carburant hautement inflammable auraient, parait-il, été nécessaire. Ce qui semble tout à fait crédible.

Alors dans ces circonstances qui serait le ou les coupables ? Daesch n’a rien revendiqué, alors qu’au Skri lanka il a tout de suite revendiqué un acte anti chrétien. Ce qui ne veut pas dire qu’un acte terroriste ne soit pas à envisager. Rien qu’en France on dénombre 1063 dégradations d’églises et de tentatives d’incendie pour l’année 2018. Pas toutes à mettre sur le dos d’islamistes radicaux, car il existe aussi des sectes dites satanistes alliées à des groupuscules anarchistes qui s’en prennent volontiers à des édifices religieux. Seules les mosquées sont épargnées. Bizarre non ?

Ce qui n’empêche pas, ceux qui applaudissent sur les réseaux sociaux l’horrible tragédie de Colombo, de se féliciter de ce qui vient de se produire à Notre Dame de Paris. Et sur la chaine de télé Al Jazeera, très écoutée dans les banlieues, c’est la joie qui remplace nos regrets. Mais quoi qu’il en soit, cette déplorable mutilation de ce merveilleux édifice national, due peut-être à un vandalisme imbécile ou criminel, vient de servir au moins, à provoquer une union nationale qu’on aimerait voir perdurer.

Onyx

Génocide arménien : le journal d’une survivante des “marches de la mort »

Armenian genocide

D’avril 1915 à juillet 1916, les deux tiers des Arméniens vivant sur le territoire turc périrent au cours d’une extermination planifiée. Les cadres de l’Empire ottoman furent chargés de rassembler hommes, femmes et enfants. Et la plupart de ceux-ci périrent ensuite lors des « marches de la mort » dans le désert. Au terme de plusieurs semaines de souffrance, Serpouhi Hovaghian réussit, elle, à s’enfuir. Ecrivant en arménien, en grec et en français, elle a relaté au jour le jour les événements insoutenables auxquels elle a assisté avant de parvenir à s’évader. Récit.

Au milieu des vieux papiers, des photos de familles, souvenirs en noir et blanc des jours passés, il y avait un petit carnet. Anny Romand ne l’avait jamais vu. En le découvrant, ce jour de 2014, l’actrice de 68 ans a eu un coup au cœur : l’écriture fine et régulière de sa grand-mère, Serpouhi Hovaghian, décédée en août 1976, couvrait les pages jaunies par le temps. «Certains passages étaient rédigés dans une langue qui m’était inconnue, nous raconte-t-elle aujourd’hui, mais je me doutais qu’il s’agissait de l’arménien. D’autres pages étaient écrites en français et parfaitement lisibles. C’était le récit de sa fuite devant les tueurs turcs…»

L’actrice Anny Romand (Diva, Le Soulier de satin…) a écrit Ma grand-mère d’Arménie (éd. Michel de Maule), un livre de souvenirs écrit après la découverte du carnet de son aïeule. – Ed Alcock/Myop.

Les archives administratives de l’Empire ottoman ne permettent pas d’établir avec précision le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été tués entre 1915 et 1916. Les sources turques avancent le chiffre de 800 000 victimes. Les Arméniens, eux, évoquent un bilan de 1 500 000 morts. On est sûr, en revanche, du déroulement des événements effroyables, grâce aux témoignages de diplomates étrangers en poste en Turquie à l’époque et aux rapports des missionnaires. Ils recoupent parfaitement les récits des survivants.

Les carnets de Serpouhi Hovaghian. – Ed Alcock/Myop.

Serpouhi Hovaghian faisait partie de ces rares rescapés des massacres. Serpouhi est née le 22 juin 1893 à Samsun. Elle n’est pas restée longtemps dans cette ville, la plus grande des rives de la mer Noire. Son père, Agop, ingénieur à la compagnie de chemin de fer chargée de la construction de la Bagdadbahn, la ligne devant relier Berlin à Bagdad, entraîne en effet sa femme Ani et ses quatre enfants au gré de ses nombreux déplacements professionnels. Comme le reste de la fratrie, la fillette fréquente les meilleures écoles. A Nazareth, en Palestine, elle apprend ainsi le français chez les sœurs, en plus du turc et de l’arménien qu’elle parle déjà couramment. Elle a 13 ans lorsqu’un premier malheur frappe les siens : son père succombe à une péritonite. Ce décès prématuré oblige la famille Hovaghian à regagner Samsun.

Arrêtée à Trébizonde le 3 juillet 1915, Serpouhi avait suivi les convois de la mort jusqu’à Agn (tracé rouge). Après son évasion, elle parvint à gagner Kirassou le 25 octobre, avant d’embarquer pour Constantinople (tracé marron clair). – GEO

Trois ans plus tard, en 1909, sa mère la pousse à épouser Karnit Kapamadjian, un négociant de tabac, de trois ans son aîné et issu d’une famille prospère. Arrangé, ce mariage se révèle cependant heureux. Un an plus tard, le couple donne naissance à un petit garçon, Jiraïr, puis, début 1915, à une petite fille, Aïda. Karnit et Serpouhi s’installent alors à Trébizonde, (aujourd’hui Trabzon) une ville portuaire au nord de l’Anatolie, au bord de la mer Noire. Début août 1914, les premiers coups de canon de la Grande Guerre tonnent à l’ouest. Le gouvernement du Comité Union et Progrès (le parti des Jeunes-Turcs), au pouvoir depuis 1913 et qui a passé un accord secret avec l’Allemagne, décrète l’enrôlement de plusieurs dizaines de milliers d’Arméniens âgés de 20 à 40 ans dans la 3e armée. Karnik, le mari de Serpouhi, peut-être parce qu’il est soutien de famille, échappe à cette mobilisation. Quatre mois plus tard, le 3 novembre 1914, l’Empire ottoman bascule dans la guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Voyageant pour ses affaires, Karnik Kapamadjian se tient informé de la situation internationale. Il se trouve en Roumanie quand il entend des rumeurs à propos de violences commises contre les Arméniens. Il rejoint néanmoins Serpouhi et leurs deux enfants. Autant dire qu’il se jette dans la gueule du loup. Car le processus d’extermination totale des Arméniens est déjà engagé.

Un plan d’extermination mis au point par les cadres du parti des Jeunes-Turcs

L’enquête diligentée après la guerre en Turquie pour identifier les responsables des massacres a révélé le plan d’extermination mis au point par les cadres du parti des Jeunes-Turcs. Il se décompose en quatre phases. En février 1915, le ministre de la Guerre Enver Pacha déclenche la première : sur son ordre, les militaires arméniens combattant dans les rangs turcs sont désarmés et envoyés dans des «bataillons de travail». Les conscrits arméniens de la 3e armée sont ainsi occupés à des travaux de terrassement ou de portage. Dans la plus grande discrétion, des groupes de 50 à 100 hommes sont régulièrement extraits de leur régiment pour être emmenés à l’écart et exécutés.

Deuxième étape : à la fin de l’hiver 1915, une campagne de désinformation est lancée dans la presse. Des articles, visant à préparer l’opinion publique à l’horreur qui va suivre, affirment que des Arméniens soutiennent les troupes russes dans le Caucase. Accusés d’être des traîtres à la solde de la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne et Russie), qu’il devient nécessaire d’éradiquer, les Arméniens sont victimes de violences : leurs maisons sont saccagées, leurs boutiques pillées, des notables sont lynchés en place publique. Leur situation est d’autant plus désespérée que, contrairement aux Grecs, ils ne peuvent pas attendre le soutien d’un Etat susceptible de venir à leur rescousse. Face à cette flambée de haine, Ani, la mère de Serpouhi, ses frères et sœurs, choisissent de quitter la Turquie pour se réfugier en France.

Les militaires arméniens désarmés et progressivement liquidés, le plan d’extermination mené par les Jeunes-Turcs peut entrer dans sa troisième phase. Cette fois, les cibles sont les prêtres, les intellectuels et les responsables politiques, qui sont impitoyablement raflés et exécutés. Dans leur excellent ouvrage Comprendre le génocide des Arméniens (éd. Tallandier, 2015), les historiens Hamit Bozarslan, Vincent Duclert et Raymond Kévorkian reconstituent la chronologie de l’horreur. La décision d’anéantir les Arméniens est prise lors de plusieurs réunions d’un comité spécial formé de cadres éminents du parti des Jeunes-Turcs, entre les 22 et 25 mars 1915. Le 24 avril – cette journée a été choisie pour commémorer aujourd’hui le génocide des Arméniens –, 650 intellectuels sont interpellés à Constantinople et assassinés. Partout, dans tous les vilayets (circonscriptions) où vivent les Arméniens, les mêmes atrocités se répètent. Le 26 juin, 42 notables arméniens sont arrêtés à Trébizonde. Le lendemain, ils sont noyés au large de Platana, le port de la ville. Karnit, le mari de Serpouhi, est au nombre des victimes.

Le plan des génocidaires entre dans sa phase finale : la déportation générale

Sous prétexte de les éloigner du théâtre des opérations militaires, les populations sont sommées de partir. Dans les bourgs, les villes et les villages, des cohortes de femmes, d’enfants et de vieillards (la grande majorité des hommes ont été tués) se mettent en route, à pied, n’emportant avec eux que le strict minimum, pour une destination inconnue. Dans la nuit du 2 au 3 juillet, une semaine après le meurtre de son mari, Serpouhi, son fils Jiraïr, la mère et la grand-mère de son mari, sont réveillés et jetés hors de chez eux. Profitant du chaos qui règne dans la rue, la jeune femme, son garçon de 4 ans dans les bras, se précipite vers l’hôpital où Aïda, son bébé âgé de 6 mois, a été admise quelques jours plus tôt. Elle ne reverra jamais sa belle-famille. Et arrivée à l’hôpital, Serpouhi découvre l’indicible : Aïda est morte. Comme le sont tous les enfants arméniens qui séjournaient à l’hôpital. Serpouhi est finalement arrêtée par des soldats turcs qui l’incorporent au «troupeau» humain désemparé qui prend la direction du sud.

On leur a fait croire qu’on allait les installer dans d’autres villages, pour leur sécurité. Il n’en est évidemment rien. Et le témoignage du gouverneur Celal, surnommé parfois le «Schindler turc» en référence à l’industriel allemand qui sauva 1 200 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, est accablant. Celal Bey, qui s’opposa au transfert des populations placées sous sa juridiction, témoigna en 1918 : «Le gouvernement, qui a ordonné le transfert des Arméniens à Deir ez-Zor [dans le désert syrien, ndlr], s’est-il demandé comment ces malheureux pourraient survivre sans habitation et nourriture, au milieu des tribus nomades arabes ? […] Il n’est point possible de nier ou de tourner autrement la question. Le but était l’extermination et ils ont été exterminés.»

Un voyage sans retour

Des longs convois se mettent en marche pour se rendre, par des chemins détournés à travers la Capaddoce, vers les déserts de Syrie ou d’Irak. Serpouhi, qui avance en tenant la main de Jiraïr, comprend-elle qu’il s’agit d’un voyage sans retour ? Dans une des premières notes de son journal, elle écrit : «Les Arméniens disparaîtront comme fumée de cigarette, seules resteront les cendres, et seule la terre viendra à notre secours.» Le périple est interminable raconte-t-elle : «Nous marchons sans but, six heures par jour, sans manger ni boire. Une route, marche et marche encore, jusqu’à ce que tu mettes fin à ta vie, une souffrance indescriptible.» La malnutrition fait tomber les prisonniers comme des mouches. D’autres sont abattus par les gardes qui les escortent. Ils font des étapes dans des contrées désertiques où ils sont parqués comme des animaux, ou dans des bourgades où ils sont soumis aux violences des villageois.

Après des jours et des jours de ce régime inhumain, Serpouhi comprend qu’elle ne pourra pas sauver Jiraïr. Elle profite d’une halte dans un hameau pour confier son petit garçon à une paysanne musulmane. Elle relate cette scène déchirante dans son carnet : «Je fermais les yeux pour ne pas voir, pour ne pas entendre ses pleurs et ses cris.» Plus loin, elle exprime son insondable détresse : «Oh ! quel désespoir immense pour arriver à l’ultime point de non-retour de la misère et de la souffrance pour confier nos enfants, et à qui ? Aux criminels sanguinaires qui ont tué vos mères, sœurs, frères et maris dans de grandes souffrances !»

Après vingt-cinq jours de marche forcée, le convoi arrive à Erzincan, sur la rive de l’Euphrate. Un soldat fait sortir Serpouhi du groupe. A-t-il jeté son dévolu sur elle ou veut-il la vendre comme esclave comme cela s’est produit pour d’autres au cours du voyage ? La jeune femme n’a aucun moyen de le savoir. «Un militaire m’a cachée dans une maison […] Un nid de typhus, trois personnes étaient atteintes, mais je n’ai pas été infectée», note-t-elle. Après être restée trois jours, allongée sur une paillasse, dans cette masure insalubre, Serpouhi est découverte par d’autres soldats pour être intégrée à un nouveau convoi, composé presque exclusivement de femmes. «Ils les avaient épousées pendant deux mois avant de les rejeter», écrit-elle. «Epousées» est évidemment un euphémisme qui dissimule une réalité plus sordide. Dans ce cortège, Serpouhi retrouve une de ses tantes par alliance. Elles sont ensemble lorsqu’elles assistent à une scène qui les marquera à jamais : «La longue rivière coulait toujours à nos côtés. Nous pensions qu’à chaque instant, ils allaient nous y jeter. Ils ont lancé deux chariots pleins de petits garçons dans la rivière. Cette scène ne sort pas de mes pensées et je pense qu’elle ne sortira jamais. Quand j’ai vu les corps de ces garçons dans l’eau, et que leurs bras, leurs jambes remuaient encore, j’ai été profondément choquée, plus encore quand j’ai vu ces monstres les regarder avec un sourire sarcastique», raconte-t-elle dans son journal.

Serpouhi et sa tante reprennent leur interminable marche, convaincues que la mort les attend à l’arrivée. Elles ne se trompent pas. Leur convoi arrive, en août 2015, en vue des sinistres gorges de Kemah, à 45 kilomètres à l’ouest d’Erzincan, sur la rive gauche de l’Euphrate. Dans Le Génocide des Arméniens(éd. Odile Jacob, 2006), l’historien français Raymond Kévorkian donne une description saisissante du site et de l’utilisation qu’en firent les tueurs turcs à l’époque : il faut quatre heures de marche pour traverser ces gorges, qui représentent un piège mortel. L’Euphrate déchaîné d’un côté et les falaises abruptes de la chaîne du mont Sébouh de l’autre rendent vain tout espoir d’évasion. Les escadrons de l’Organisation spéciale – fondée en secret en novembre 1913 pour exterminer les Arméniens, son existence n’a été dévoilée qu’en mai 1919 – y conduisent les déportés comme à l’abattoir. Selon certains rapports, jusqu’à 25 000 personnes y sont exécutées chaque jour. Des dizaines de milliers de femmes et d’enfants sont jetés du haut des gorges dans le fleuve, les tueurs descendant sur les berges pour achever les blessés que le courant n’a pas emportés. Des jeunes filles, au bord du précipice, s’agrippent à leurs bourreaux qui tentent d’abuser d’elles et les entraînent dans la mort. Serpouhi, par chance, ne connaîtra pas cette fin atroce. Lors d’une halte dans un village, juste avant d’arriver aux gorges de Kemah, elle joue son va-tout. «Au moment où le convoi était prêt à repartir, tous étant occupés à faire leurs préparatifs, j’ai pris la fuite avec ma tante», explique-t-elle dans son carnet.

Serpouhi réussit à s’évader

Les deux évadées trouvent refuge dans un village voisin et, ne sachant pas où aller, tentent de survivre en échange de travaux de couture. Un mois plus tard, elles sont chassées et retombent entre les mains de leurs bourreaux pour être acheminées dans un nouveau convoi, à Agn (actuelle Kemaliye). Là, pour une raison obscure, les gardes séparent les catholiques des orthodoxes. Profitant de la confusion, Serpouhi s’évade à nouveau, avec une autre femme. «Au matin nous avons continué notre chemin, nous sommes arrivées près d’une maison démolie. Quand j’ai vu que nous étions assez éloignées et qu’ils ne pouvaient plus nous rattraper, nous nous sommes arrêtées. J’ai décidé d’y passer la nuit parce que je n’ose plus avancer quand la nuit tombe», raconte-t-elle dans son carnet. Malgré ses craintes, elle n’est pas reprise cette fois et parvient même à regagner les rives de la mer Noire. Elle arrive à Kirassoun (actuelle Giresun) le 25 octobre 1915. Se faisant appeler Marie et se prétendant catholique, elle est hébergée chez des notables de la ville, puis, en février 1916, dans une famille grecque qui la cache au péril de sa propre sécurité.

En novembre 1916, alors que la pression des troupes russes se fait plus forte, les Grecs sont à leur tour la cible des attaques de la presse turque. Le mois suivant, les déportations commencent, avec leur litanie d’extorsions, de viols, de saccages. Cette fois, pour Serpouhi, il n’y a plus de refuge possible. En septembre 1917, misant le tout pour le tout, elle soudoie un marin turc qui accepte de la conduire clandestinement à Constantinople. Dans la capitale, la présence de diplomates et d’observateurs étrangers empêche les tueurs d’agir à leur guise. La jeune Arménienne en profite pour reprendre des forces mais reste inquiète quant à son avenir. «Voilà deux ans et leur haine contre nous n’a pas eu le moindre apaisement. Nous sommes les orphelins de ce monde, sans patrie, sans foyer. […] Ô mon Dieu, quand mettras-tu fin à tous ces supplices ?» confie-t-elle dans son carnet.

Comme tous les Arméniens qui avaient pu trouver refuge en France, Serpouhi n’avait plus de patrie. Ses papiers d’identité (ci-dessus), datant de 1958, portaient toujours la mention «apatride» et un fonctionnaire avait ajouté un «e» à son prénom. – © Collection Anny Romand

Le déroulement de la guerre qui tourne en défaveur de l’empire est pourtant porteur d’espoir. Les Anglais et les Français progressent en Palestine. Sur le front du Caucase, la Révolution russe de 1917 arrête les combats. La prise du pouvoir par Lénine et la signature de la «paix honteuse», le 3 mai 1918, provoque le retrait des troupes russes. L’Empire ottoman capitule le 30 octobre 1918, à Moudros. Serpouhi a 25 ans et pratiquement toute sa famille a été anéantie dans le projet génocidaire des Jeunes-Turcs. Elle a survécu aux marches de la mort, à la faim, aux violences, mais elle a perdu son mari, sa fille Aïda, et elle ne sait pas ce qu’est devenu le petit Jiraïr qu’elle a dû abandonner dans l’espoir de le sauver.

Le miracle a eu lieu : Serpouhi retrouve son fils, Jiraïr

Fin 1918, à Batoum, en Géorgie, un homme se présente dans un orphelinat où sont rassemblés des dizaines d’enfants grecs et arméniens. Tous leurs parents ont péri dans les massacres. Ces enfants ont suivi les troupes russes qui se repliaient vers le Caucase. L’inconnu demande qu’on lui présente les garçons dont la taille peut laisser penser qu’ils sont âgés de 8 ou 9 ans. Une fois le tri effectué, il leur présente une photographie d’un couple, en leur demandant s’ils le reconnaissent. «C’est mon père, déclare un des garçons en désignant l’homme sur le cliché. Il joue du violon. Et là, c’est ma mère, Serpouhi, qui joue du piano.» Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, c’est bien Jiraïr qui vient d’être retrouvé. «Quand ma grand-mère a appris que des centaines d’orphelins avaient suivi les Russes lors de leur repli vers le Caucase, elle s’est prise à espérer ardemment que son fils fasse partie de ces petits rescapés, nous explique aujourd’hui Anny Romand. Elle a contacté un de ses oncles qui vivait en Russie pour lui demander de se mettre à sa recherche. Et le miracle a eu lieu…» Jiraïr retrouve sa mère à Constantinople. Et c’est avec elle qu’il embarque le 19 février 1919, sur un bateau qui les conduit d’abord au Pirée, puis à Gênes, avant de gagner Marseille.

Dans ses bagages, Serpouhi garde précieusement son petit carnet, témoignage de son épopée. Pourtant, après avoir rejoint les dizaines de milliers de réfugiés qui se sont installés à Paris, Marseille, Valence, Aix-en-Provence ou Décines-Charpieu, dans la banlieue de Lyon, elle ne l’évoquera jamais. «Ma grand-mère parlait tout le temps du génocide, poursuit Anny Romand. Quand j’étais petite fille, j’écoutais ses souvenirs comme si c’était des histoires de Barbe Bleue. Mais pour moi, ce n’était pas réel. Inexplicablement, elle n’a jamais mentionné l’existence de ce petit carnet…»

Serpouhi, avec sa petite-fille Anny, à Marseille, dans les années 1960. – © Ed Alcock/Myop

La comédienne a consacré un livre au journal de son aïeule, Ma grand-mère d’Arménie (éd. Michel de Maule, 2015). Elle a également confié le précieux document au Centre national de la mémoire arménienne, à Décines-Charpieu où vivent toujours de nombreux descendants de rescapés, facilement identifiables à la terminaison de leurs noms de famille en «ian» (qui signifie «fils de» en arménien). Une initiative qui a permis d’organiser, fin 2018, une exposition émouvante («L’Odyssée de Serpouhi Hovaghian»). Remarquable mise en perspective du parcours d’une femme qui, prise dans la tourmente de l’anéantissement planifié des Arméniens de l’Empire ottoman, a su trouver les ressources pour survivre.

Source : Cyril Guinet pour Geo.fr

Ces citoyens français qui ne sont pas « Notre-Dame »

gargouille

L’incendie de Notre-Dame de Paris a, une nouvelle fois, mis en lumière l’existence plusieurs France. Dans des collèges et sur les réseaux, nombreuses ont été les réactions pour se moquer ou se démarquer de ce drame national. La République aussi va devoir se reconstruire. 


C’est avec une immense tristesse et un certain dégoût que nous avons assisté impuissants, lundi soir, à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui a notamment emporté la charpente médiévale et la flèche bâtie par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Plus qu’un chef d’œuvre de l’art gothique, cet édifice quasi millénaire est au cœur de notre histoire, de notre identité et de notre civilisation. Il constitue l’un des plus beaux symboles de notre histoire nationale, et incarne, plus que n’importe quel autre monument, l’âme de la France.

Notre-Dame, c’était la France…

L’émotion suscitée, aussi bien en France qu’à l’étranger, par cette tragédie fut à la hauteur du préjudice patrimonial, civilisationnel et moral subi par le peuple français, et plus largement par tous ceux qui aiment la France, aussi bien dans sa dimension culturelle, spirituelle, historique qu’artistique. Oui, à travers l’incendie de Notre-Dame de Paris, c’est bien une part de notre identité qui est partie en fumée, une part de ce que nous avons été et de ce que nous sommes encore qui s’est volatilisée.

Hélas, l’émoi populaire provoqué par ce douloureux cataclysme a très vite été gâché, notamment sur les réseaux sociaux, par des réactions aussi sottes que nauséeuses d’un bon nombre de nos compatriotes, en partie de confession musulmane, qui se sont empressés de se moquer de la catastrophe ou de crier leur indifférence, voire leur jubilation, face à la décomposition de ce symbole de notre culture chrétienne et nationale.

…mais une France n’est pas Notre-Dame

« Vous vous êtes foutue de la gueule de la Mecque, regarder votre dame de Paris mtn. Dieu est grand » (sic), pouvait-on par exemple lire, le soir-même, sur Twitter. « Vous vous êtes moqué dla Mecque ? Aller hop votre cathédrale dans la sauce, Allah est grand. »(sic), a quant à elle tweeté au même moment une internaute qui a depuis supprimé son compte. « On dirait qu’un être humain est mort c’est juste de la ferraille faut arrêter désolé moi je préfère donner pour les pauvres », a pour sa part réagi une certaine Naïma sur Facebook après l’appel à la solidarité nationale du recteur de la Grande Mosquée de Lyon. « Aider à reconstruire un lieu où l’on associe à Allah une famille, du shikr etc.. franchement n’importe quoi, on dirait que le musulman fait plus pour les mécréants que pour les gens de sa communauté », a surenchéri Rhama sur le même réseau social.

Ces réactions, qui sont loin d’être marginales et qui ne sont que des exemples parmi tant d’autres, en disent long sur le ressentiment qui anime des individus qui, même s’ils vivent sur le territoire français et ont le plus souvent la nationalité française, n’ont aucun respect pour le pays au sein duquel ils sont nés ou au sein duquel ils ont élu domicile.

« C’est un truc de chrétiens, moi je suis musulman »

Il suffit en effet d’interroger des enseignants qui travaillent dans certains établissements de la région parisienne pour se rendre compte à quel point l’incendie de Notre-Dame a été perçu par beaucoup de jeunes musulmans comme un événement sans aucun intérêt, voire comme une certaine source de satisfaction. « Cet incendie, on s’en fiche, Monsieur. La cathédrale, c’est un truc de chrétiens, moi je suis musulman, je m’en fiche. La France pleure, eh bien moi, je pleure pas, même si j’ai les papiers, ce n’est pas mon pays, la France », a par exemple répondu un élève de troisième à un professeur de français du Val d’Oise qui abordait l’incendie en classe. « Wallah, les Français pleurent, mais ça ne me fait ni chaud ni froid. Personne n’a pleuré après les attentats de Christchurch, alors les églises et les cathédrales de Babtous, nous musulmans, on s’en fout. A la limite, ça me réjouit ! Qu’on s’occupe de nos frères en Palestine et qu’on arrête avec Notre-Dame de Paris », a quant à lui affirmé un élève de sixième d’un collège de Seine-Saint-Denis quand son professeur d’histoire-géographie a évoqué le drame.

Il ne s’agit évidemment pas ici de stigmatiser une partie de nos compatriotes musulmans dont beaucoup se sont montrés, à cette occasion, solidaires des chrétiens, et plus largement du peuple français dont ils font partie (l’appel du recteur de la Grande Mosquée de Lyon à la solidarité nationale en témoigne), mais de mettre en avant à quel point l’incendie de Notre-Dame de Paris a réveillé les fractures communautaires qui traversent en profondeur la société française. En effet, comme il y a eu, il y a quatre ans, des citoyens français qui n’étaient pas « Charlie », il y en a aujourd’hui qui ne sont pas « Notre-Dame » et qui l’affirment, comme pour mieux nous montrer leur volonté de ne pas s’assimiler et de ne pas s’identifier à la culture française, et plus largement à la civilisation occidentale.

L’échec du multiculturalisme

Derrière le refus de certains de pleurer Notre-Dame de Paris, c’est bien l’incapacité de la société française à assimiler les populations d’origine étrangère et immigrée dont il est question. Le fait que la France soit aujourd’hui incapable de fédérer l’ensemble de sa population autour d’une cause commune et d’un même hommage national en dit long sur la montée de ces dérives identitaires qui ont transformé notre pays en un patchwork de communautés aux visions et aux intérêts complètement divergents, voire carrément antagonistes. Oui, c’est bien notre laxisme vis-à-vis de populations qui ont tout fait pour importer sur notre territoire leurs croyances, leurs valeurs et leurs manières de vivre sans se soucier si elles étaient compatibles avec celles du pays d’accueil, qui, à chaque fois que nous connaissons une tragédie nationale, se manifeste en grande pompe.

Combien de jeunes vivant en France et issus de l’immigration ne se sentent pas aujourd’hui Français et vont même jusqu’à développer un sentiment de haine vis-à-vis du pays d’accueil ? Assurément, des milliers. Combien de jeunes musulmans ne se reconnaissent absolument pas dans la culture française, qui est d’abord et avant tout pour eux une culture judéo-chrétienne incompatible avec les valeurs et les règles de l’islam ? Des milliers, également. Derrière les réactions hargneuses qui sont apparues à la suite de l’incendie de Notre-Dame, c’est bien l’échec du multiculturalisme et les conséquences de la destruction progressive du modèle assimilationniste qui sont à l’œuvre.

Îles de France

Comment voulons-nous que tous les Français de confession musulmane honorent Notre-Dame de Paris quand une étude réalisée en septembre 2016 par l’Ifop révèle que 29% des musulmans pensent que « la loi islamique est plus importante que la loi de la République » ? Comment voulons-nous que tous les Français d’origine musulmane déplorent la portée de ce tragique incendie quand beaucoup d’entre eux se sentent d’abord Algériens, Tunisiens, Marocains ou encore Turcs avant de se sentir Français ? Ce sont bien «plusieurs France», ne partageant entre-elles ni la même manière de vivre ni la même identité ni la même façon de voir l’avenir qui se sont manifestées quelques minutes et quelques heures après l’embrasement de la cathédrale.

En voulant exalter les différences, au détriment de ce qui nous rassemble, nous avons anéanti petit à petit ce ciment commun pourtant indispensable au vivre-ensemble. Or, c’est l’assimilation qui permet l’intégration. Sans assimilation, il n’y a pas d’intégration. Le multiculturalisme est un mythe qui a créé les conflits communautaires et les tensions identitaires qu’il prétend contrôler.

Reconstruire la République

A l’heure où nous devons réédifier Notre-Dame de Paris, à l’heure où la société française n’a jamais été aussi fragmentée et gangrenée par les revendications identitaires et communautaires, il apparaît comme essentiel de renouer avec le modèle assimilationniste qui a fait pendant des siècles l’honneur et la grandeur de la France. Oui, il apparaît comme primordial de remettre au goût du jour nos valeurs patriotiques et nationales et de faire preuve de beaucoup plus de fermeté à l’égard de ceux qui insultent quotidiennement notre pays et qui n’hésitent pas à exploiter un drame national pour nous cracher en pleine face leur haine de notre pays, de notre culture, et de notre identité. Que tous ces Français, souvent d’origine musulmane, qui n’ont jamais été « Charlie » et qui ne seront jamais « Notre-Dame » prennent conscience que ce n’est pas à la France de s’adapter à l’islam mais à l’islam de s’adapter à ses valeurs, à ses principes et à sa manière de vivre.

La charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris est aujourd’hui à terre ; veillons à ce que demain, ce ne soit pas celle qui structure notre édifice républicain qui connaisse le même sort. Ce n’est pas seulement Notre-Dame que nous devons restaurer, ce sont notre pacte républicain, notre modèle d’intégration et notre contrat social que nous devons entièrement rebâtir. Le chantier est immense et le défi est de taille, mais c’est bien de l’avenir de notre pays, et plus largement de notre civilisation, dont il est ici question.

Source : Causeur

Pour Macron, Notre-Dame n’est pas française ! . Riposte Laïque Riposte Laïque

Le 15 avril 2019, un énorme incendie a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, cet exceptionnel trésor de la France, ce chef-d’oeuvre majeur de la civilisation occidentale, ce joyau éternel de l’art mondial.

La cathédrale, qui n’avait jamais brûlé en 850 ans, qui avait survécu intacte à toutes les guerres, dont les deux Guerres Mondiales, qui n’avait jamais connu aucun problème pendant les innombrables rénovations et travaux d’entretien dont elle avait été l’objet pendant des siècles, a brûlé.

Et cela, quelques jours après le saccage de la basilique Saint-Denis, où sont enterré les Rois de France, par un clandestin musulman, et l’incendie criminel de l’église Saint-Sulpice, décorée par les splendides peintures de Delacroix.

Mais est-il étonnant de voir nos églises, nos cathédrales, nos monuments mondialement connus et admirés, être pillés, saccagés, incendiés, détruits, sous la présidence d’Emmanuel Macron, qui ne perd pas une occasion de cracher sur la France et qui, à de nombreuses reprises, a prétendu que la culture française et l’art français n’existent pas ?

Notre-Dame était le joyau mondial de l’art gothique, cet art qui représente la quintessence de l’inventivité française et de l’art français, à tel point que, du 12e au 15e siècle, tous les Européens l’appelaient « opus francigenum », ce qui signifie « oeuvre française » en latin.

Aujourd’hui, l’art français brûle, terrible symbole de la destruction de notre patrimoine, de notre culture, de notre civilisation, de notre nation, de notre peuple, par l’anti-français Macron.

Les cathédrales dévoilées

L’incendie de Notre-Dame de Paris a donné un coup de massue a beaucoup de monde. On se rend compte des trésors que nous possédons quand ils menacent de disparaitre.

 Voici l’histoire de la construction des chefs-d’œuvre de l’art gothique dont Notre-Dame de Paris

Voici un autre documentaire pour mieux connaitre l’histoire et le patrimoine sacré de la France. Cathédrales, églises, chapelles, abbayes… la France recèle près de 90 000 édifices religieux, dont certains remontent au IVe siècle. Nombreux sont classés au patrimoine mondial de l’humanité. Ce document dévoile les secrets des plus emblématiques d’entre eux, de l’église carolingienne édifiée à Chauvigny à la chapelle du Rosaire conçue et décorée par Matisse, à Vance, de 1948 à 1951.